Par Dan Albertini
Monsieur le premier ministre, le temps est venu pour vous d’assumer l’avenir en commun dans cette province canadienne, il n’y a d’autre alternative. Ceux qui, spécialisés dans la tradition des astres vous diraient d’un autre langage. Le nôtre est citoyen mais engage. La nature de votre intervention, lors de cette tragédie meurtrière à Québec, interpelle. Je commence à percevoir de vous celui qui peut mener le Québec bien plus loin qu’une simple ambition, mais d’une destinée qui ferait l’envie des Nations les plus sûres et les plus sécure, de par leur vision intégrateur. Permettez avant tout que je réveille une mémoire institutionnelle, celle de l’Assemblée Nationale du Québec.
Le 31 octobre 2006, un mémoire est présenté et déposé sur invitation de la Ministre de l’Immigration et des Communautés Culturelles du Québec, par Dr. Aroll Exama PhD. Voici le titre : Barrière à l’intégration des immigrants et membres des communautés culturelles. Je reproduis ici un segment de la thématique présentée par devant la Commission, archivée par l’Assemblée Nationale – CUBIQ 0000917218, à l’adresse IP suivante : http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/archives-parlementaires/travaux-commissions/AudioVideo-10789.html
« Le racisme pur et dur ». « Cas d’actualité (rapporté dans le Soleil, Actualités, lundi 5 décembre 2005, p.A3) ».
« Le 26 septembre 2005, José Guy Fumu se présente à l’usine Culitech, de Sainte-Marie-de-Beauce, où une agence privée de placement lui a déniché un emploi pour 5 semaines. Même si c’est loin et qu’il n’a pas de voiture, il se débrouille pour y arriver une bonne demi-heure à l’avance. Il est prêt à tout pour travailler ».
« Il attend dans un petit coin attenant à l’entrée, lorsque le contremaître Alain Jacques pénètre dans l’usine. Il se dirige rapidement vers le superviseur Claude Turgeon et lui lance presque en criant : « mais c’est un noir, tu le fais exprès ! Je ne veux pas voir ça ici ! Il sort ou c’est moi qui sors ! ».
« Mr Fumu entend chaque mot. Le superviseur Turgeon, manifestement déboussolé, s’avance vers lui et lui dit : « Nous avons malheureusement un contremaître un peu raciste qui ne veut même pas vous rencontrer. Vous allez devoir retourner chez vous. On vous paie le taxi mais vous devrez l’attendre dehors. »…Il pleuvait dehors ».
Monsieur le premier ministre, celui de votre parti qui vous a précédé dans cette fonction, a-t-il des enfants qui fréquentaient par exemple ceux de familles originaires d’Haïti qui pourtant souffrent de ce problème de racisme flagrant, ici au Québec ? Pourquoi tant de différence entre des enfants qui fréquentaient probablement les mêmes institutions scolaires aussi ? Des portes qui s’ouvrent pour certains mais qui restent fermées pour d’autres, dans cette province-dite ouverte pourtant.
Vous êtes aujourd’hui le premier ministre de plus de six millions de personnes. L’histoire ne peut plus se contenter de recevoir une carte de vœux de fin d’année ou de nouvel an, au nom du premier ministre et au nom de sa famille. Cela rime avec de la politique d’hypocrites tandis que le fait dénonce une connaissance de l’existence de l’autre. Les privilèges de l’un les abstinences imposées, de l’autre, ne sont pas l’esprit de la loi 143 sur l’égalité… . Le prétexte « de souche » est un argument raciste pur et dur qui exclut en fonction de. L’enfant dit « de souche » le sera-t-il encore longtemps face à l’enfant né non d’une immigration rapprochée ou ancienne, mais « colorée » dit de minorité visible en fonction de la couleur de l’épiderme, malgré son ainé de plus de dix ans d’existence ? Si c’est une fille qui porte une burqa, n’en parlons pas. C’est là l’essence même de la nuit blanche de la fin janvier 2017, en accusant D. Trump.
J’ai l’impression de vivre à une époque figée de M. de Saint-Méry !
Monsieur le premier ministre, vous avez le pouvoir de changer le cours de notre histoire. Non pas de discours mais la qualité de vie de chaque citoyen, par la qualité de chaque politique appliquée. Nous devons tous grandir ensemble certes mais votre vision peut faire la différence non seulement d’avec le passé mais avec les mots que vous aviez soulevés dès le début du drame cité, à aujourd’hui.
L’opposition critiquera certes mais c’est son travail. L’exécutif à qui on aura remis la masse critique du pouvoir citoyen, me semble-t-il que vous vous connaissez en langage chrétien, devra faire comme le serviteur qui a fait fructifier l’argent du maître. C’est à ce titre que l’on reconnaîtra en vous, un grand premier ministre à qui l’on aura envie de remettre une double portion à gérer encore.
Merci d’y croire !



