
Réseau HEM Canada par Dan Albertini
Liberté. Le droit à une opinion libre et le droit à l’information sont-ils menacés ou le Canada pratique-t-il la censure comme certains pays du bloc de l’Est ? Ou, y aurait-il une guerre de domination au Canada ? Le dernier congrès de la FPJQ dénonçait une liste noire, l’AJIQ en a une aussi. C’est la question du droit à l’information. La CAJ dénonce une décision judiciaire estimée inconcevable dans une démocratie canadienne, un journaliste est puni du fait de ne pas vouloir dévoiler ses sources. C’est la question de la répression. Le Bloc Québécois a assumé une victoire révélatrice lors des dernières élections générales, par la foi des dénonciations d’une pratique cachottière, mesquine et corrompue du gouvernement fédéral. Cela a valu à monsieur Duceppe les honneurs dont le titre de défenseur de la démocratie au Canada. C’est la question de la transparence. Une commission parlementaire a du mal à faire sortir toute la vérité aujourd’hui encore, à cause des magouilles de ceux qui y sont impliqués et, des technicalités juridiques qui entravent la démocratie. Pourtant, le Canada se veut de défendre la démocratie et la transparence, ailleurs. Si L’état accuse de sérieuses entorses à la démocratie et une politique d’obscurantisme malgré les balises, comment comprendre le fonctionnement limpide de la liberté d’expression ? Comment comprendre cette démocratie au sein de chaque axe de pouvoir et en particulier, au sein même du journalisme canadien ?
Certains journalistes européens disent que la Suisse serait plus transparente et plus libre que le Canada. C’était en termes de comparaison mais il faudrait aller plus loin. La question cependant : la démocratie canadienne serait-elle si ébréchée au point que toutes les sphères de pouvoir de ce pays démocratique en abuseraient, dans le but d’entraver la livraison de l’information ? La liberté ? La politique aurait fourni une réponse sans équivoque. Les succès de Duceppe peuvent démontrer aisément un fait: si un député élu ne peut accéder à une information essentielle pour le bon fonctionnement du Parlement, ce n’est pas un autre axe de pouvoir qui l’aurait eue, soit le journaliste, pour informer le public. La justice de son côté, a-t-elle le cœur net ? Nous retenons à cet effet la même affaire du 18 novembre 2004. La CAJ (plus de 1400 membres à travers le Canada) supporte fermement la reporter de Hamilton Spectator qui a refusé de divulguer les informations à une cour de l’Ontario qui pourrait révéler l’identité d’une source confidentielle. Les Cours avaient auparavant défendu l’importance fondamentale de la confidentialité des sources pour les journalistes dans une démocratie comme au Canada, disait le président de la CAJ, monsieur Paul Schneidereit. C’était un acquis démocratique. Ce dernier estimait inconcevable le fait de voir une autre raison évoquée pour ordonner à M. Peters de citer le nom de la deuxième personne de cette rencontre. Il le jugeait comme une tentative de dévoiler la source, « c’est tout à fait une erreur » disait-il. Ce bras de fer coïncide avec la tentative québécoise d’interdire les salles de justice et les couloirs aux caméras. Il faudrait comprendre cette tentative à la lueur des erreurs judiciaires, des situations de conflits ou d’écart de conduite chez certains juges. Que dire de l’intérêt public pour ce qu’on apprend lors d’un procès. Pour aller plus loin, le bras répressif de la justice : la police n’a-t-elle pas la police des polices ? Pourquoi donc nier une réalité? L’humanité de l’homme étant ce qu’elle est, l’égalité des droits et la notion de transparence seraient mises à rude épreuve même au Canada. Qu’est-ce qui provoquerait donc cette faiblesse et donnerait raison aux journalistes européens ?
L’homme est partout pareil et cela crée des complexes comme des préjugés – Il nous faut évoquer là, le point-2 du projet de loi de la FPJQ qui avait été rejeté par l’assemblée des membres. « Est reconnu comme journaliste professionnel tout individu qui avait déjà, à la date d’entrée en vigueur de la loi, un statut de journaliste reconnu par la FPJQ ». Cela laissait à désirer sur sa volonté de reconnaître les membres de l’AJIQ, de la CAJ ou toute autre association de journalistes au Québec quand on sait qu’il existe des frictions entre la FPJQ et l’AJIQ pour une question d’indépendance. La FPJQ se sentirait bien d’avaler ou d’annihiler l’AJIQ, derrière un écran légal et de maestria. Des intérêts de monopole seraient peut-être l’explication. Il y a donc lieu de croire qu’il existe une faille dans le camp même des journalistes qui se métamorphoseraient en syndic, ouvrant ainsi toute grande les portes à des interprétations juridiques et réglementaires de chaque acte journalistique ou, article produit. La liberté est déjà si réduites dans certaines boîtes que ce sont des avocats qui décident de ce qui peut être publié et non l’éditeur. Cela ne fait que profiter les autres sphères de pouvoir au détriment de la démocratie et du droit du public, à l’information. Des complexes ont été développés, provoquant ainsi des effets boumerang. C’est le public qui paie la note et le capital qui récolte: capital politique, capital financier, capital de relations, tout est devenu showbiz pour mieux cacher le jeu.
Des Cybers journalistes ou le complexe de supériorité des autres….? – Nous avons annoncé la parution de cet article sur les politiciens, la justice et la presse, depuis l’année dernière. Motivés par le niveau élevé des poursuites judiciaires contre des journalistes et des injonctions prises pour empêcher la publication d’un article ou la diffusion d’un reportage, nous nous sommes d’abord demandé pourquoi les tentatives de bâillon réussissaient trop souvent. Où se trouvait donc le tendon d’Achille des journalistes et des médias d’information ? Il fallait commencer à enlever la poutre dans nos yeux avant de prétendre de pouvoir le faire ailleurs. Il nous faut cependant reconnaître avant tout, que cette pratique d’obscurantisme est une culture chez le législateur qui a même voter une loi pour bâillonner les assemblées, pour museler les ayant droit et assassiner la démocratie. Les crus du législateur, les lois, ne sauraient que mieux servir leurs causes même dans les tribunaux que dire dans les autres sphères de contrôle. C’est ainsi que des politiciens nourrissent avec complicité, un complexe de supériorité chez certains journalistes. On ne pouvait mieux tomber que sur un cas précis qui illustre !
Depuis quelques temps nous avons vu arriver un autre qualificatif dans les milieux syndiqués et vedettes du journalisme. Si au début on parlait de droit d’auteur sur les articles reproduits sur le Web, c’était pour réclamer un autre cachet, bien que légitime, mais non pour valoriser ceux qui pénétrait la modernité en contournant les effets pervers de la grosse machine syndicale des-bien-payés. Des vedettes. La compétition – le Web s’ouvrait sur le monde et au monde aussi. Il n’y a jamais eu plus puissant que cela tant en matière de vitesse que d’accessibilité des archives. Plus démocratique aussi. Cela a fini par ébranler tant les décideurs que les privilégiés qu’ils ont décidé de s’investir en attaque. C’est ainsi que pour ne citer que ceux-là, les journalistes syndiqués ou salariés des premiers médias (radio, télé, papier) ont développé un complexe de supériorité envers ceux qui, sur le Web se sont avérés d’une efficacité insoupçonnée. Si autrefois les politiciens et leurs représentants jugeaient le degré d’importance par rapport à ceux qu’ils disaient être des médias à grande capacité de diffusion et ceux des organes de presse communautaire, aujourd’hui le prétexte ne peut plus être évoqué à cause du Web qui permet une diffusion massive, rapide, multimédia et mondiale. Ce qui alimente plus qu’une communauté mais un ensemble de communautés internationales. Cela a créé aussi un nouveau marché des communications mais plus libre et où la liberté de presse ou d’expression n’était pas contingenté au grand dam de mega poches de syndiqués et de patrons rabbis. Le terme cyber journaliste tend à remplacer ainsi celui de journaliste communautaire et pigiste autonome, dans le but ultime de les diminuer et de leur enlever le crédit de la pratique. La FPJQ aura nourri cette faille à son projet de loi créditant les « grands médias » dans la réalité. Loin de toute sensibilité débordante puisqu’il existe des termes comme journalistes écrits, télés, radios etc., le but est de nuire. Allez dans une association de journalistes et comparez les considérations de ceux-ci par rapport à ceux-là. De l’autre côté de la barrière, quand vous constatez la pratique de ceux de la politique qui pénalisent cette nouvelle catégorie exclusive en faveur des autres malgré leur utilisation du médium, cela renforce les craintes. Nous profitons pour dénoncer en ce sens un responsable des relations médias du premier ministre Martin, qui ne respecte pas la priorité des noms recueillis sur la liste de questions en décidant de lui-même, qui parlera ou qui ne parlera pas. Cela va plus loin qu’un comportement mesquin et révoltant. Il joue dans les cordes d’une pratique de concurrence déloyale qui favorise certains médias au détriment des autres. Ce qu’interdit pourtant la loi de la concurrence. De plus, l’information ne fait-elle pas l’objet de diffusion quelque en soit le médium ?
Cependant, là où le bât blesse, c’est que ceux syndiqués et les pseudos vedettes se valorisent sur le Web pour un double salaire tandis qu’ils ostracisent ceux de la nouvelle catégorie émergeant précitée. De plus, pourquoi les autres médias investiraient tant sur le Web s’il ne serait pas si efficace ? C’est à notre avis, un mouvement de protection de pécunes qui soutien ainsi une chasse gardée des autres médias traditionnels dans le but d’éviter une saine concurrence sur le marché des communications et de l’information. Là où les sondages BBM n’auraient aucune influence mais un compteur statistique en temps réel. Aussi, cette protection complice leur permettra de se développer au détriment des entreprises émergentes, des autres journalistes autonomes. Les gouvernements, sous prétexte de ne pas avoir de budget pour cette nouvelle catégorie, ne font que tenter de contrôler cette nouvelle technologie qui, valorisée, constituerait un outil démocratique impossible à cerner dans leur jeu de bâillon car ils investissent massivement eux aussi, sur leurs sites d’information. Si le milieu des journalistes est aussi pourri, comment comprendre que les politiciens, les grandes entreprises ou les capitaux en quête de promotion ne s’en servent pas contre nous, en bâillonnant plus facilement! Au Canada, le confort de ce complexe aurait mené à une indifférence qui tue la démocratie à petit feu. Quand on considère les dessous du scandale des commandites, les journalistes européens auraient tout simplement raison: le Canada n’offre pas plus que la Fédération Helvétique. Les journalistes paient le prix dans l’exercice même de leur fonction, aujourd’hui c’est le pouvoir judiciaire qui s’applique, demain ce sera peut-être son bras répressif. Société –06-12-01-05
Nous sommes aujourd’hui le 15 décembre 2016, le monde fonctionne au cyber journalisme. Les gouvernements ont financé les autres à rentrer dans l’ère numérique, mais pas nous. Les journalistes sont espionnés par la police, au profit de politiciens, sur permission accordée par une juge. Un mois après le présumé scandale, la mémoire a déjà oublié. Mieux, les dernières élections américaines ont fait l’objet de publications jamais égalées sur les trois plateformes numériques et l’on parle de la puissance de ce médium public.



