MONSIEUR AUGER

Il me semble que le rôle du journaliste que vous assumez réclame bien plus d’objectivité que vous en démontrez. Vous vous permettez de suggérer et ce principe d’induction est bien plus dangereux que celui d’un politicien dont on sait le niveau de partisanerie et de démagogie potentiel.  Vos référents  ont lamentablement échoué  à titre d’experts, lors des dernières élections américaines, mais vous tentez de justifier la faute grave de ces consultants-dits experts par le fait de présomption lancée par des pseudo-scientifiques américains qui n’ont rien prouvé jusqu’ici. Des allégations. Je crois comprendre que le fonctionnalisme américain est à la base du vote et Bill Clinton l’a ainsi compris à deux reprises et, Barack Obama aussi. Pourquoi cela ferait-il une différence quand l’affaire n’était pas dans le sac pour Hillary qui a pourtant évincé Bernie dans l’eau trouble du DNC.

Permettez que je vous dise que j’ai personnellement publié plusieurs articles sur la fin et les moyens de ce que j’ai signé chez Haïti Observateur, bien avant les primaires et, par la suite, avant les élections. Contrairement à vos invités, j’ai clairement stipulé que Trump serait imbattable dans le contexte passé. Aussi, depuis 2013, j’ai expliqué comment Hillary allait perdre. Si l’on parle de recherchistes, il y a une différence pour moi avec ce que font les proposeurs au lieu du journalisme.

Savez-vous, je suis un Noir de naissance haïtienne et je n’ai pas peur de cette Amérique que l’on tente d’assassiner aujourd’hui, quand chaque pays défend ses intérêts. Lisée n’est-il pas plus ou tout aussi dangereux que cette image de Trump que vous simulez tous les jours ? Mais, ne faites-vous pas silence sur ce qui paraît un traitement de confrère, en entrevue avec Lisée. Dans une radio publique pour éviter de dire d’état. Privé, l’on comprendrait.

Monsieur Auger, vous avez encore le temps de rectifier car les temps à venir seront durs pour les journalistes. N’en faites pas trop inutilement. Observez comment l’ancienne du Devoir se cabre de plus en plus du mauvais pas.

Je vous salue sur cette note formulée en interrogation. À partir de quand devient-on ou, est-on enfant du terroir, surtout après le référendum de 1995 je crois, et, la richesse serait-elle tout simplement le rejet de ceux qui ont pourtant volé leurs vies aux Amérindiens ? Il ne suffit alors pas de faire du journalisme préparatoire comme Lisée, et l’autre de la charte avant lui, pour venir envenimer la politique par ces crédits acquis aux dépens d’une radio ou télévision publique, avec un chèque en main.

Tout le monde peut en faire de cette politique.

Respectueusement, bien à vous, salut.


Je publie cet email du 25 novembre 2016 envoyé à Michel C Auger (journaliste) par le portail de la SRC dans un souci de conscience et de transparence. Il n’y avait rien de confidentiel sinon un besoin de mise au point en considérant l’avenir. Lisée cité ici n’était-il pas journaliste avant de de se la faire en politique. On ne dira plus : si je l’avais su. Quand ce sera le temps de jouer au politicien expert, par une ancienne tribune, la mémoire indépendante sera là, garde-fou.